Lundi 7 Juillet

Sarzeau > Tievec - 18 milles - Départ: 11 heures - Arrivée: 21 heures - Pleine mer: 13h27 - Coefficient: 45 - Vent: W 3

Les Pieds Nickelés apprennent à lire une carte et à souffler dans une corne de brume. 

Nous embarquons 1h30 avant l’horaire prévu. Une voix me hèle du bord, c’est Laurent qui arrive en footing d'une plage à 1km de là. Laurent est le troisième larron, il débarque de Guyane et était encore dans l’avion hier. Il soigne son jetlag en se dépensant physiquement. On lui donne rendez-vous à St-Gildas dans une heure, il aura tout juste le temps de charger son bateau avant notre passage; et le voilà qui repart en courant. 

En chemin nous scrutons la côte de peur de rater le rendez-vous avec Laurent. Quand nous arrivons à Saint-Gildas, et bien ce n'est pas Saint-Gildas mais Port-Navalo, arghhh ! Il me semblait qu’on traînait mais non, c’est juste que je ne sais pas lire une carte; je découvre aujourd’hui l’utilité des amers.

P1010862Il est midi, nous appelons le père de Laurent pour savoir ou il se trouve; nous tentons aussi de trouver de l’eau, en vain. Au large, à peine visible, passe un kayakiste pagayant comme un canard sans tête. Nous subodorons fortement que c’est Laurent. Il fonce, espérant nous rattraper et commet la même erreur que nous les heures précédentes, à savoir: naviguer trop loin du rivage. Bref, cris, moulinets avec las bras et serviettes agitées ne l’arrêteront pas. Phil a sorti sa corne de brume toute neuve, elle couine telle une trompette d’enfant, c'est risible mais on n'a pas envie de rire. Laurent doit ganberger sévère; le pauvre fera toute l'étape seul devant nous en cherchant à rattraper ses poursuivants. Notre équipe prend doucement corps et ce corps est celui d’un chien qui coure après sa queue.

IMG_0010À l’isthme de Penthièvre, la tête rattrape enfin la queue. Laurent est déjà en train de charioter. Il semble tenir la grande forme malgré le décalage horaire, cela ne se démentira pas. Question équipement, Laurent nous surpasse dans la résistance au consumérisme ambiant: Kway " vintage "  et jupe Nao " collector ". Son bateau, un Catchiky repeint, hors d'âge comme les whisky, les trappes sont à vis. La dérive à été bricolée peu avant le départ: rétractable le premier jour, fixe le deuxième, fixe mais raccourcie le troisième... Elle exigera de nombreuses séances de maintenance pour finalement rejoindre les poissons en mer d’Iroise. 

IMG_0014C’est marée basse, il nous faut une heure pour traverser l’isthme et rejoindre l’îlot de Tievec.

P1010864  

La nuit s'installe et nous aimerions bien faire de même; nous faisons un tour complet de Tievec cherchant tels David Vincent une plage censée se trouver au nord-ouest et que nous ne trouveront jamais. Monsieur Google Earth, je ne vous dis pas merci.

Au repas de ce soir, c'est world cuisine: nouilles chinoises, rhum maracuja et poulet boucané en provenance directe de Cayenne. Cette volaille vaut à elle seule tous les dépliants touristiques de Guyane; en y repensant, j’ai les yeux qui se mouillent.

P1030985Nous avons utilisé les voiles une partie de la matinée puis vent de face durant toute la traversée du Golfe de Quiberon. Couchés à 23h, grosse pluie la dans nuit.                              Jour suivant >